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Un escalier sculptural pour le pôle culturel de Saint-Jean-de Luz

Point d’orgue du pôle culturel de Saint-Jean-de-Luz : l’escalier central en béton brut en lévitation dans le volume en triple hauteur de l’atrium. [©Eugeni Pons]

Conçu par l’architecte Dominique Coulon, le pôle culturel de Saint-Jean-de-Luz est un projet ambitieux visant à enrichir l’offre culturelle de la Ville. Avec en point d'orgue son escalier en lévitation.

Pyrénées-Atlantiques. Conçu par l’architecte Dominique Coulon, associé avec le Bet Batiserf pour le volet “Structure”, le pôle culturel de Saint-Jean-de-Luz est un projet ambitieux visant à enrichir l’offre culturelle de la Ville. « C’est un programme plutôt généreux », résume Dominique Coulon. Le bâtiment bénéficie de sublimes vues, qui donnent sur la baie de Saint-Jean-de-Luz, située à 500 m de là. Sa conception repose sur l’idée d’intégrer différents programmes. Incluant une école de musique, des studios de danse et de théâtre, ainsi qu’un petit bar donnant sur un jardin. « L’objectif était d’avoir un lieu où toutes ces disciplines se rassembleraient. »

Le choix du béton comme matériau principal a été motivé par ses propriétés de robustesse, de pérennité et d’isolement acoustique. Essentielles pour un espace de spectacles. Mais aussi pour ses grandes qualités structurelles et plastiques. Les volumes s’articulent autour d’une agora de 440 m². L’architecte a pensé le design intérieur de l’atrium pour mettre en avant un hall réverbérant, qui favorise l’interaction sociale. « Il y a le temps de la déambulation. Il y a le plaisir d’être là et de regarder les matières environnantes. Et puis, de perdre du temps ou en tout cas, de se détendre. »

Sculptural et suspendu

Point d’orgue du projet : l’escalier central en béton brut en lévitation dans le volume en triple hauteur de l’atrium. Parfaitement réalisé par les équipes de l’entreprise Etchart, conformément aux plans d’exécution de son bureau d’études IGB.

Sculptural et suspendu, il est conçu pour être une œuvre d’art à part entière, ajoutant une dimension plastique et esthétique au bâtiment. En béton de parements architectoniques de teinte uniforme gris clair pour une finition brute durcie de moules d’aspect lisse très soignée, il est au cœur de ce projet. Ceci, dans l’accueil principal du bâtiment qui est ouvert sur 3 niveaux.

Néanmoins, il n’a aucun impact sur le rez-de-chaussée, car il monte du R+1 au R+2. En étant encorbellement sur une distance de 6,88 m. Pour constituer un volume étonnant suspendu au-dessus du vide. « L’escalier est suspendu au-dessus du vide. Ce qui lui donne une allure sculpturale. Nous avons travaillé les sous-faces des paliers, qui ne sont pas horizontales. Mais qui suivent l’inclinaison de l’escalier. Cet escalier exerce une pression sur le vide. De plus, nous avons créé un patio ouvert en creux. Permettant à la lumière naturelle d’entrer dans le cœur du bâtiment. Grâce à cette conception, nous avons “fragilisé” le centre du bâtiment pour offrir une lumière directe. Ce n’est donc pas simplement un grand vide au milieu d’une structure massive. Mais un vide qui établit un contact direct avec l’extérieur. Et, par conséquent, avec la lumière naturelle. »

Spacieux, mais modeste

Bien que spacieux, le bâtiment a été réalisé pour paraître modeste, avec des volumes fragmentés qui résonnent avec l’architecture environnante. [©Eugeni Pons]
Bien que spacieux, le bâtiment a été réalisé pour paraître modeste, avec des volumes fragmentés qui résonnent avec l’architecture environnante. [©Eugeni Pons]

De plus, Dominique Coulon a pris en compte l’environnement urbain particulier de Saint-Jean-de-Luz. Bien que spacieux, le bâtiment a été réalisé pour paraître modeste, avec des volumes fragmentés qui résonnent avec l’architecture environnante. Concernant l’esthétique extérieure, le béton architectonique gris coulé en place, revêtu d’une couleur blanche, à base d’un complexe de peinture minérale aux silicates de potassium (de chez Keim), a été choisi pour se fondre dans le paysage local. « Il y a une tradition de repeindre régulièrement les bâtiments dans la région », reprend Dominique Coulon, notant que la brillance de la peinture donne vie à la façade tout au long de la journée.

 Concernant l’esthétique extérieure, le béton architectonique gris coulé en place, revêtu d’une couleur blanche, à base d’un complexe de peinture minérale aux silicates de potassium (de chez Keim), a été choisi pour se fondre dans le paysage local. [©Eugeni Pons]
Concernant l’esthétique extérieure, le béton architectonique gris coulé en place, revêtu d’une couleur blanche, à base d’un complexe de peinture minérale aux silicates de potassium (de chez Keim), a été choisi pour se fondre dans le paysage local. [©Eugeni Pons]

Le bâtiment se développe suivant un axe longitudinal Sud/Ouest – Nord/Est pour former un front bâti le long de la nouvelle esplanade réaménagée. Cette judicieuse implantation permet de libérer totalement toute la partie Nord/Ouest de la parcelle. Mais aussi pour préserver au Nord/Est l’espace végétalisé planté d’arbres à haute tiges présents entre l’établissement public et le secteur résidentiel. Cet espace végétalisé existant a été réhabilité et magnifié dans le cadre du projet, situé à environ + 1,30 m au-dessus du niveau du rez-de-chaussée du bâtiment calé à 32,20 m NGF. Il se raccorde ainsi au bâtiment par un petit amphithéâtre extérieur, en relation directe avec les salles de pratiques musicales de l’école de musique.

Un carrefour artistique et social

« Il y a une tradition de repeindre régulièrement les bâtiments dans la région », reprend Dominique Coulon, notant que la brillance de la peinture donne vie à la façade tout au long de la journée. [©Eugeni Pons]
« Il y a une tradition de repeindre régulièrement les bâtiments dans la région », reprend Dominique Coulon, notant que la brillance de la peinture donne vie à la façade tout au long de la journée. [©Eugeni Pons]

« Comme les façades sont traversantes Est-Ouest, il y a parfois des lumières rasantes, qui sont intéressantes. Parce que ce n’est plus vraiment du blanc, c’est plutôt des surfaces qui brillent. Et il y a le parvis, la place qui est plantée de grands platanes et on a des ombres qui bougent sur la façade. Cela donne une façade vivante et qui prend des couleurs plutôt du ciel ou en tout cas de la lumière. Soit au coucher de soleil, soit le matin avec le lever du soleil. Les volumes semblent danser sous la lumière », explique Dominique Coulon. Et de conclure : « Nous avons fait le pari que les visiteurs pourraient prendre du plaisir à s’y attarder, à prendre un café ou à lire un livre ». Avec une surface de 3 250 m² et une capacité d’accueil de 1 155 personnes debout et 513 personnes assises dans l’auditorium, le pôle culturel de Saint-Jean-de-Luz va ainsi devenir un véritable carrefour artistique et social, incarnant l’engagement de la Ville pour la culture et la créativité.

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