Vracs de l’Estuaire : « Nous souhaitons avoir un ancrage local fort »

Anthony Saintomer
14/02/2019

Plutôt discrets, les Vracs de l’Estuaire proposent une gamme de quatre ciments à partir de l’usine-pilote du Havre. Filiale du groupe marocain Cimat, l’entité ne cache pas ses ambitions de développement en France et en Europe.

Alaoui, directeur général délégué des Vracs de l’Estuaire.
Alaoui, directeur général délégué des Vracs de l’Estuaire. [©ACPresse]

Le constat est simple : près de 500 entreprises françaises sont installées au Maroc… Mais combien d’entreprises marocaines en France ? « Une seule ! », indique Youssef Alaoui, directeur général délégué des Vracs de l’Estuaire. Et ce, depuis septembre 2016 seulement, date précise de la mise en service l’unité de production, au cœur de la zone portuaire du Havre (76). 

« Les Vracs de l’Estuaire constituent la première étape du plan de développement en France et en Europe de notre groupe, poursuit Youssef Alaoui. A moyen terme, nous ouvrirons un 2esite en France. » Le groupe, c’est celui des Ciments du Maroc (Cimat), dont la création remonte à 2007. Il est aujourd’hui à la tête de deux cimenteries, d’une capacité de production unitaire de 1,6 Mt/an. Entre temps, Cimat est sorti des frontières marocaines pour partir à la conquête de l’Afrique de l’Ouest et centrale. « Pour cela, nous avons fondé les Ciments de l’Afrique en 2011. A travers eux, nous sommes présents dans onze pays. »De quoi acquérir une belle expertise dans la construction, et l’exploitation de centres de broyage et d’ensachage. Et de cimenteries, bien entendu.

Droit d’usage de la marque NF.

Les Vracs de l’Estuaire s’inscrivent dans cette même démarche industrielle. L’entité est filiale à 100 % de Cimat. « Ceci depuis le mois de janvier 2018. Auparavant, nous n’étions que partiellement actionnaires de cette entreprise. »

Depuis son ouverture, l’usine-pilote du Havre a permis de créer 45 emplois directs et plus de 60 indirects, montrant bien la volonté d’un ancrage local fort. La capacité de l’outil est de 600 000 t/an. Toutefois, sa montée en puissance est progressive. « A fin 2018, notre production était de 200 000 t en rythme annuel,souligne Youssef Alaoui. Un chiffre tout à fait en phase avec notre plan de développement. »

Les Vracs de l’Estuaire rayonnent sur une zone de chalandise de 250 km à 300 km autour du Havre. L’industriel fournit les producteurs indépendants de BPE, les préfabricants, les entreprises de BTP et les négoces en matériaux de construction. « Plus de 83 % de notre production est livrée en vrac et seulement 17 % sont commercialisées en sacs. Nous sommes à l’écoute de notre marché et essayons d’y répondre au mieux. » Cette réponse passe en particulier par la fourniture de ciments, bénéficiant du droit d’usage de la marque NF

Un 42,5 au prix d’un 32,5.

Le précieux sésame a été obtenu dès le mois d’août 2017, soit moins d’une année après la mise en service de l’usine.« Nous sommes le premier cimentier indépendant à être titulaire de la marque NF pour nos ciments », insiste Youssef Alaoui. 

En toute logique, la matière première des ciments – à savoir, le clinker – provient d’une cimenterie Cimat. Celle de Ben Ahmed, située à 70 km au Sud-Est de Casablanca. « Nos cimenteries marocaines sont ultra modernes, bénéficiant des dernières technologies, telles une production par voie sèche ou la présence d’un pré-calcinateur. » 

L’offre des Vracs de l’Estuaire compte quatre ciments, trois sont proposés en vrac et un seule en sac. Mais en deux variantes. « Notre CEM II/A-LL 42,5 N CE CP2 NF est disponible en sacs de 25 kg ou de 35 kg », détaille Youssef Alaoui. Côté vrac, on retrouve deux CEM I 52,5 N dont le CEM I 52,5 N CE SR5 PM CP2 NF, qui se caractérise par sa résistance aux sulfates. « Ce ciment permet la formulation de CEM III par ajout de laitiers moulus de hauts fourneaux. »Enfin, les Vracs de l’Estuaire commercialisent un CEM II/A 42,5 R. Il n’y a pas de 32,5 au catalogue, comme l’explique en conclusion Youssef Alaoui : « Nous avons  fait le choix de proposer un CEM II 42,5 au prix d’un CEM II 32,5. Nous faisons de la surqualité sans surcoût pour l’utilisateur final ». Alors, dans ce contexte, pourquoi se priver ?

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