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La FFB constate l’amorce d’une reprise

Lors de la présentation des perspectives économiques du bâtiment en 2026, Olivier Salleron a noté le bon début d'année des logements neufs, permettant d'estimer une croissance de + 2,1 % pour le bâtiment au cours de l'année. Même si le détroit d'Ormuz jette l'économie mondiale dans le flou.

La Fédération française du bâtiment (FFB) a présenté ses perspectives économiques pour l’année 2026, en s’appuyant sur les récentes évolutions de l’économie. Une présentation en forme de bonne surprise, puisque la FFB a revu à la hausse ses estimations.

« La dynamique de l’individuel diffus en neuf reste d’actualité, avec une hausse des ventes d’environ 10 %. Ceci, en glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2026, explique Olivier Salleron, président de la FFB. Toutefois, l’abaissement de la réduction de loyer de solidarité (RLS)  et le “Jean Brun” permettent d’envisager le déblocage d’opérations dans la promotion immobilière dès 2026. On estime ainsi à près de 15 000 le nombre supplémentaire de logements mis en chantier par rapport à notre prévision de fin 2025. De quoi atteindre 308 000 unités en 2026. Ce qui se traduira par une progression de la production en logements neufs de 11,2 %, contre 9,5 % initialement retenu. »

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Une vision confirmée dans les chiffres arrêtés au mois de janvier. En glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2026, les ouvertures de chantier de logements continuent d’accélérer, à + 24,5 %, individuel et collectif participant tous deux au mouvement. Toutefois, les autorisations ralentissent à + 10,1 %, du fait du collectif (+ 5,9 %), alors que l’individuel croît toujours à un rythme d’un peu plus de 15 %. Et pour cause : les ventes de logements neufs des promoteurs reculent à nouveau en 2025, de 6,9 %. Alors que celles dans l’individuel diffus continuent de se redresser, d’environ 10 % en glissement annuel sur trois mois à fin janvier.

Une prévision de croissance à + 2,1 % pour le bâtiment en 2026

De son côté, le non résidentiel neuf souffle le chaud et le froid. En cumul de novembre 2025 à janvier 2026 par rapport à la même période un an auparavant. Les surfaces commencées conservent une belle dynamique, à + 8,3 %, portées au premier chef par les bâtiments administratifs (+ 32,8 %), paradoxalement avant l’échéance des municipales. Quant à l’activité en amélioration-entretien, après quatre années consécutives de hausse, elle se replie de 1,1 % en 2025 à prix constants. En logement comme en non résidentiel et comme dans la rénovation énergétique. De plus, les perspectives pour le premier trimestre 2026 se dégradent encore.

Mais au global, le moteur du logement individuel semble bien reparti et devrait tirer l’ensemble de la filière à la hausse. « Hors effet prix, l’activité d’ensemble du bâtiment s’affichera donc à + 2,1 % en 2026 versus +1,8 % affiché fin 202 5, précise Olivier Salleron. Après une chute de 11,0 % en trois ans, ces nouvelles estimations confirment donc une sortie progressive de crise du secteur. Grâce au redressement du logement neuf. D’autant que les pleins effets des mesures prises en loi de finances pour le collectif restent à venir, en 2027 et au-delà. Compte tenu des délais habituels de mise en place et de construction de tels projets. »

Vers une crise de la confiance des acteurs ?

Un ciel qui commençait à se dégager, mais qui voit apparaître de nouveaux nuages sombres, nommés Netanyahou, Trump, Iran, Liban. « La prévision FFB n’intègre pas de dégradation plus générale que pourrait entraîner la crise qui secoue le Moyen-Orient, de l’Iran et du golfe Persique jusqu’en Israël, au Liban, en Turquie. Et même en Asie, de très loin première importatrice du pétrole, du gaz et d’autres matières premières transitant par le détroit d’Ormuz.  » Même si la FFB relève que l’Europe ne devrait pas souffrir de problèmes d’approvisionnement directs, notamment en pétrole. Et que le BTP est moins concerné par les fluctuations du gaz.

Mais. « Reste deux sujets de préoccupations majeurs : l’impact de cette crise sur la confiance des acteurs et leurs intentions d’investir. D’une part, sur l’inflation et le marché du crédit. D’autre part, sur ce dernier point, on constate déjà une remontée rapide du taux des obligations d’Etat à 10 ans. Singulièrement en France. Ce n’est donc pas une bonne nouvelle pour le coût de la dette publique en France. Sans doute pas non plus pour le marché du crédit immobilier qui risque d’en subir les effets. »

En conséquence de ces incertitudes, la FFB ne garantit pas ses prévisions. « Faute de recul et de certitudes, la FFB ne peut intégrer cette nouvelle situation dans ses prévisions. Elle signale toutefois qu’un conflit durable pourrait conduire à réviser à nouveau son scénario. Mais cette fois à la baisse, dans les prochaines semaines. Dans cette grande incertitude, elle fait passer un message clair aux entreprises de bâtiment. Le meilleur moyen de se prémunir contre le risque, sans se tromper, consiste à indexer les marchés. »

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