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ACFC : « Je suis un ludo-pédagoque actif »

Depuis cinq ans, Abou Cissé forme des techniciens du BPE. D’une manière “ludo-pégogique” pour beaucoup plus d’efficacité…

Article paru dans Béton[s] le Magazine n° 125

Il y a des formateurs qui connaissent le béton par les livres, par les normes, par les diaporamas. Puis, il y a Abou Cissé. « J’ai fabriqué le béton. J’ai vendu le béton. Et aujourd’hui, je forme ceux qui font le béton. Le tout dans cet ordre précis. »

La bascule date de 2021. Là, quelque chose s’est rompu… Depuis sept années déjà, Abou Cissé forme des techniciens au sein de l’Ecole de développement des compétences d’un grand groupe de matériaux de construction​​​​​​​. « Je voyais ce que la formation apportait, la transformation réelle qu’elle engendrait, la compétence d’un grand groupe de matériaux de construction. Et je voyais aussi ce qui empêchait d’aller au bout. A savoir, des managers qui freinaient, non par mauvaise volonté, mais par peur… Faire monter un opérateur en compétences, c’est risqué de le voir partir. Dans un secteur où le turn-over frappe fort, on préfère conserver que développer. Garde les gens à leur poste, sans les faire grandir. »

Le constat est rude et Abou Cissé n’accepte plus cette réalité. Il quitte le groupe pour fonder ACFC (pour Abou Cissé Formations & Conseils), son propre centre de formation, certifié Qualiopi. « Ma conviction était à inverse des idées reçues, presque provocatrice. Pour moi, un technicien qu’on forme vraiment ne cherche pas à partir. Il maîtrise son sujet, est fier de ce qu’il produit. Il reste ! »

Comme simple opérateur de centrale à béton

L’approche de formation est inédite, l’intéressé l’appelle lui-même la ludo-pédagogie active. « Le principe est de rendre la formation dynamique, engageante, ancrée dans le réel d’une centrale. Exit les PowerPoint ennuyeux et récités, les journées assises à mémoriser des normes sans contexte. Les stagiaires manipulent, résolvent, décident, travaillent en équipe, testent, corrigent. Les mises en situation reproduisent les pressions du quotidien » , explique Abou Cissé. Et de démontrer : « Un technicien qui a résolu un problème en formation sait quoi faire quand une situation similaire se produit sur sa centrale. Celui qui a juste vu un slide hésitera… La différence entre les deux ? Un litige évité. Un mètre cube conforme. Un client satisfait qui rappelle et recommande un béton. »

Cette manière de former est à l’image de l’homme, pour qui rigueur rime avec progressivité. Elle est aussi l’héritage d’un parcours débuté en 2007 comme simple opérateur de centrale à béton. « Malaxeur, granulats, toupies, planning, pression du lundi matin, l’entretien après la production : c’était mon quotidien. » Cette entrée par le bas, Abou Cissé ne la renie pas, il la revendique, car c’est elle qui a fondé tout le reste.

Un technicien sans doute, un béton sans faute

Deux ans plus tard, il intègre le service commercial du groupe de matériaux de construction « Là, j’ai appris à lire les exigences du marché, à comprendre ce que les clients attendent d’un béton livré à l’heure. » Cette double lecture – production puis, commercial – va devenir l’ossature de sa pédagogie. Celle-ci sera mise en application à partir de 2014, lorsque le groupe lui confie la formation. « Durant sept années, j’ai formé des techniciens, des chefs de centrale, des équipes. Sept ans à observer, aussi. J’ai pu voir ce qui fonctionnait et ce qui ne marchait pas. Telle la formation linéaire, avec un savoir descendant vers l’apprenant. Le taux de rétention est très faible. J’ai vu des gens sortir d’une formation et reproduire exactement les mêmes erreurs que deux semaines plus tôt… »

Aujourd’hui, la formation dispensée par Abou Cissé fait face à de nouveaux défis, à des besoins inédits. La filière BPE voit l’essor des bétons bas carbone, l’intégration de l’intelligence artificielle. Elle subit la pression normative, le turn-over persistant des équipes. « Dans ce contexte, la formation doit être perçue, non pas comme une dépense à justifier, mais comme la condition préalable à toute autre transformation. Un technicien sans doute, c’est un béton sans faute », conclut Abou Cissé.

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Article paru dans Béton[s] le Magazine n° 125

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