![Le bloc béton constitue le produit d’appel du secteur de la préfabrication.
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Industrialiser le chantier n’est pas une idée neuve. Gustave Eiffel utilisait déjà cette technique pour construire les sous-ensembles métalliques de sa célèbre tour. En 1917, Charles-Henri Besnard de Queslen (1881-1946) et Julien-Pierre-Bertrand Bessonneau (1880-1960) l’ont appliqué au matériau béton. Ceci, en déposant le brevet d’invention relatif au “procédé de construction rapide d’habitations par l’emploi de matériaux en ciment armé préalablement préparés en série”. C’est la définition même que ce que l’on tend à appeler “construction hors-site” de plus en plus souvent aujourd’hui. Les autres noms, plus communément utilisés sont “préfabrication” ou encore “industrie du béton”.
Charles-Henri Besnard de Queslen et Julien-Pierre-Bertrand Bessonneau sont loin d’avoir été les seuls à s’intéresser à cette technologie de mise en œuvre du béton. Raymond Camus (1911-1980) est, lui aussi, un chantre de la “construction hors site”. Ingénieur originaire du Havre, il a mis au point un procédé de préfabrication lourde dans les années 1940. En France comme à l’international, son procédé saura s’imposer et fournira de très nombreux chantiers. Cette méthodologie aura d’ailleurs apporté une importante contribution à l’effort de reconstruction dans l’immédiate après-guerre…
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La préfabrication béton répond donc, depuis plus d’un siècle, à l’objectif de moins faire sur le chantier, en fabriquant davantage dans une usine. A l’abri des intempéries, en toute sécurité, avec une excellente productivité, une qualité optimale, une maîtrise des coûts et des volumes de matériaux utilisés. La France ne s’y est pas trompée, à en juger par l’importance de ce secteur d’activité.
Plus de 3 Md€ de chiffre d’affaires
A fin 2021, sur notre territoire, on dénombre 437 sociétés – des PME à 99 % – et quelque 704 sites de production hors site. Peu d’industries peuvent s’enorgueillir d’un tel bilan ! Toutefois, ce palmarès tend à se réduire d’année en année. Déjà, le nombre de sociétés a reculé de 5,2 % par rapport à 2020, où 461 acteurs étaient encore présents sur le marché. Et ils étaient même 497 en 2017… Idem pour le nombre d’établissements. Entre 2020 et 2021, presque 20 ont disparu du paysage français. En 2017, on en dénombrait 761, soit 8 % en plus. A contrario, les effectifs ont connu un pic à 19 199 collaborateurs en 2020, avant de redescendre à 19 007 (- 1 %) cette année. En 2018, le creux de la vague avait été atteint, avec “seulement” 17 739 personnes travaillant dans la préfabrication.
L’industrie du béton a généré, toujours en 2021, un chiffre d’affaires global de 3,09 Md€, contre 2,8 Md€ en 2020, ce qui constitue une belle progression. Ce montant se partage entre le bâtiment (1,94 Md€, soit une part de 62,7 %) et les travaux publics/génie civil (1,15 Md€, soit une part de 37,3 %). Une répartition qui bouge peu d’une année à l’autre.
En poids, la préfabrication a produit 21,9 Mt d’éléments en béton, contre 20,6 Mt en 2020. Un chiffre qui reste stable, puisque le point le plus bas date de 2015, avec une production un peu supérieure à 18,8 Mt.
Le chef de file de la préfabrication
Les “petits éléments de construction bâtiment” comptent pour près de la moitié du tonnage (49,9 %), mais pour 25 % en chiffre d’affaires. Cette famille rassemble les blocs béton, les poutrelles, les hourdis et les tuiles. Les “gros éléments de construction bâtiment”, eux, représentent 19,5 % en tonnage et 37,7 % en chiffre d’affaires. On y distingue les éléments de structure et les grands planchers, les éléments de murs, les escaliers, les conduits et autres gaines. Enfin, la catégorie “produits de travaux publics et de génie civil” pèse 30,6 % en tonnage et 37,3 % en chiffre d’affaires… Là sont réunis des produits, tels que les éléments pour la voirie et l’environnement, pour l’épuration, les tuyaux et les produits d’assainissement, les éléments de génie civil, pour réseaux (Télécom, SNCF…) et les clôtures.
Par ailleurs, tant la famille “bâtiment” que la famille “travaux publics” intègrent d’autres produits qualifiés de “divers” par la Fédération de l’industrie du béton. C’est à chaque fois une part de l’ordre de 6 % ou un peu plus de 1 Mt.
Ainsi, la préfabrication se caractérise par la diversité de son offre. Là encore, il faut distinguer les produits de série, proposés sur catalogue, et les éléments réalisés à façon. Dans le premier cas, le bloc béton en constitue le chef de file, qualifié de produit d’appel de cette industrie. A lui seul, il représente 44 % du tonnage global vendu par la filière, soit 9,7 Mt. En valeur, la balance est moins favorable, avec un chiffre d’affaires de 550,7 M€, c’est-à-dire 17,8 % de l’activité totale de la préfabrication.
Le Graal du béton
Les éléments pour voirie et environnement dessinent la seconde grande catégorie des produits de catalogue. Y sont réunis les pavés (classiques comme drainants), les bordures et caniveaux, les dalles de voirie, les éléments de signalisation et le mobilier urbain. Le chiffre d’affaires réalisé atteint 238,8 M€ (7,8 % du global) et 2,3 Mt (10,5 % du total) de produits vendus.
Le “sur mesure” est beaucoup plus délicat à détailler. En bâtiment, les éléments de structure et autres grands planchers (avec les prédalles comme têtes de pont) en sont les dignes représentants. En travaux publics et génie civil, c’est du côté des éléments pour structures qu’il faut regarder. Les acteurs développant ces types de préfabrication sont beaucoup moins nombreux que ceux proposant des produits de catalogue. Ce qui semble logique, car l’industrie du sur mesure nécessite beaucoup plus de technicité et, parfois, des investissements plus lourds.
Enfin, une place un peu à part doit être réservée aux industriels du béton architectonique. Aucun chiffre officiel ne circule à leur propos. Acrobatique de tenter de remplir un tableau Exel représentatif ou d’évaluer des revenus ou des tonnages livrés. Ici, on pénètre dans le superbe. C’est dans cette direction qu’il faut regarder pour découvrir toutes les possibilités offertes par ce matériau magique. Une seule statistique chiffrée reste envisageable : estimer le nombre de ces acteurs présents sur notre territoire. Ils seraient une grosse vingtaine. La plupart indépendants. Ou rattachés à des groupes industriels ou des entreprises de BTP, pour quelques-uns. La plupart ne font que du béton architectonique et ils le font bien, touchant ainsi au Graal du béton !
3,09 M€ chiffre d’affaires 21,93 Mt production vendue 461 nombre de sociétés 704 nombre d’établissements (usines) 19 007 effectifs
L’industrie du béton en cinq chiffres

![En France, l’industrie du béton représente quelque 437 sociétés et 704 sites de production. [©ACPresse]](https://www.acpresse.fr/wp-content/uploads/2023/01/1-Portrait-Prefaweb.jpg)
























































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