Haute-Savoie. Victime d’un violent incendie en novembre 2019, l’Hôtel de Ville d’Annecy fait l’objet d’une réhabilitation ambitieuse mêlant exigences patrimoniales, contraintes techniques fortes et savoir‑faire spécialisé. Et ce, sous la houlette du cabinet d’architecture de Pierre-Louis Faloci, une pointure dans ce domaine d’intervention, concepteur en particulier du musée de la bataille de Valmy, dans la Marne ou de la réhabilitation du musée Rodin, à Paris.
Au cœur de cette opération d’environ 8 000 m2, Cuynat Construction, filiale grenobloise de GCC Construction. Elle intervient sur le macro-lot 3A, regroupant déconstruction, gros œuvre, charpente métallique, couverture en ardoise et ravalement des façades.

Ivan Muzellier, directeur travaux chez Cuynat Construction, résume ainsi, l’intervention : « Il y a 5 temps forts. Déjà, la préservation et la sécurisation des façades historiques conservées, avec mise en place d’une structure métallique de stabilisation provisoire. Cette étape indispensable a permis de protéger l’existant. Tout en préparant les phases suivantes ». Ensuite, il y a eu la démolition, sous protocole spécifique, de tous les planchers et murs à l’intérieur, en conservant uniquement des arches au rez-de-chaussée et quelques structures. Puis, ont pu commencer les travaux en sous‑œuvre : réalisation de planchers sur voûtes, ainsi que des reprises en sous-œuvre. Ces travaux ont nécessité des compétences techniques pointues. Autre phase : la réalisation d’une nouvelle structure intérieure contemporaine, intégrant des bétons bruts finis, choisis pour leur performance, leur esthétisme et leur capacité à dialoguer avec les parties historiques sauvegardées. « Pour finir, nous allons aussi intervenir sur la charpent étallique, la couverture et le traitement complet des façades. »
L’exigence architecturale autour des bétons apparents
L’un des principaux défis consiste à raccorder la nouvelle structure aux maçonneries historiques, dont les murs en pierre présentent une épaisseur de 60 à 80 cm. Près de 1 500 empochements, réalisés sur 15 à 50 cm de profondeur, permettent d’ancrer les nouvelles dalles et poutres dans l’existant. Autre particularité : l’exigence architecturale autour des bétons apparents. Le projet prévoit 62 poteaux et 117 poutres laissés bruts de décoffrage, sans aucun habillage. « Nous avons une contrainte qui nous impose de ne pas avoir de trous de banche dans nos ouvrages. Nous devons avoir des poteaux remplis à 100 %. Nous avons donc adapté nos coffrages et nos banches », précise Ivan Muzellier.
La centrale Vicat Annecy-Vovray assure la fourniture de l’ensemble des bétons. Les dalles utilisent une formulation Deca4 (GWR5), avec CEM II/B 42,5 N. Tandis que les poutres et les poteaux apparents sont coulés en bétons Deca5 (GWR5), formulés sur la base d’un CEM III/A 42,5 N.
Avec plus de 120 ans d’expérience dans le gros œuvre, Cuynat Construction démontre ici sa maîtrise des interventions complexes, à la croisée de l’ingénierie, du patrimoine et de l’exigence esthétique. Ces travaux viennent redonner au bâtiment son identité architecturale, tout en répondant aux standards actuels de qualité, de durabilité et de sécurité. Une réouverture au public est prévue au 1er trimestre 2028.
Suivez-nous sur tous nos réseaux sociaux !


















































![Béton[s] le Magazine n° 126 - sept/oct 2026](https://www.acpresse.fr/wp-content/uploads/2026/07/Couv-BLM126_page-0001-1-600x848.jpg)