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La perméance

par redaction | - réagissez

La perméance s’exprime selon la formule : P = g/(m2.h.mmHg). “g” représente la quantité de vapeur d’eau en grammes qui traverse la paroi, “m” celle traversant un m2 de matériaux en 1 h 00, “h” le temps en heures. Et enfin, “mmHg” représente en mm de mercure la différence entre les pressions partielles de vapeur d’eau.

Tous les logement ou locaux occupés émettent de la vapeur d’eau, qu’il s’agisse d’activités humaines “directes”, par la présence de personnes, ou indirectes, du fait du fonctionnement d’équipements générant de la vapeur d’eau : cuisine, douches… Dans l’habitat ancien, cette vapeur d’eau était avant évacuée de façon à la fois naturelle et empirique, en raison de l’absence de doublages isolants, mais aussi de l’étanchéité très aléatoire des fenêtres. Plus tard, les constructions devenues un peu plus étanches ont “compensé” par la présence d’une VMC (Ventilation mécanique contrôlée). Plus récemment, les VMC hygroréglables ont connu un développement important, de par leur capacité à réguler le débit de la ventilation, en fonction de la variation du taux d’humidité dans le local. Il en est de même pour l’habitat BBC, l’étanchéité très optimisée du bâti imposant un système de renouvellement d’air suffisamment précis et performant.

Le risque du point de rosée

L’importance de la prise en compte de la perméance des matériaux est d’abord apparue en rénovation, avec le remplacement des fenêtres anciennes par des menuiseries très étanches, ou encore à l’occasion de ravalements, par la mise en œuvre d’enduits ou de systèmes d’imperméabilités très (trop) étanches, le tout dans des logements anciens généralement dépourvus de VMC. Il existe d’ailleurs toujours un débat de fond, entre les partisans d’une paroi “respirante”, et donc présentant naturellement une certaine perméance, et ceux qui souhaitent s’en remettre d’abord à la ventilation mécanique, pour assurer le renouvellement d’air, mais aussi éviter les formations de zones de condensation. Ce dernière se produit lorsque la température de la vapeur d’eau, qui migre de l’intérieur vers l’extérieur, diminue pour se transformer en eau liquide. Lorsque cela se produit dans l’isolant ou dans la structure du gros œuvre, les conséquences peuvent être importantes : dégradations des performances thermiques de l’isolant, affaiblissement de la structure porteuse – par exemple pourrissement de pans de bois, corrosion des aciers -, mais aussi gonflement des enduits ou des revêtements d’imperméabilité.

L’importance du pare-vapeur

Côté intérieur d’un pare-vapeur, la mise en œuvre permet justement de protéger les doublages d’une éventuelle formation d’eau de condensation. En construction neuve, la pose d’un pare-vapeur n’est obligatoire que dans les régions correspondant à la zone climatique H1 (Nord-Est, Massif central, Alpes), mais elle est fortement conseillée ailleurs. Par contre, la pose d’un pare-vapeur est obligatoire en construction à ossature bois.

Pourtant, dans une période de recherches d’économies d’énergie, et plus largement d’économies à la construction, il n’est pas absurde de se poser la question, dans certains cas de figure, de la pertinence du couple pare-vapeur/VMC. En effet, une construction composée de matériaux perméants pourrait, en théorie, se suffire à elle-même, sans la “béquille” d’une installation mécanique complémentaire, et sans qu’il soit indispensable de s’appuyer sur la barrière étanche du pare-vapeur. Le principe de fonctionnement de l’ouvrage bâti, défendu par les tenants d’un habitat plus simple et plus écologique, est alors basé sur des composants suffisamment perméants, pour permettre le transit naturel et sans obstacles, de la vapeur d’eau de l’intérieur vers l’extérieur du bâtiment. Dans cette optique constructive, seules les pièces humides peuvent éventuellement être équipées d’extracteurs, commandés manuellement ou par le biais des interrupteurs d’éclairage.

 

Gérard Guérit

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