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Bruit d’impact

par redaction | - réagissez

Dans un bâtiment, les nuisances acoustiques ont le plus souvent deux causes : les bruits aériens et les bruits d’impact. Ces deux nuisances sont souvent confondues. Pourtant, elles ne se traitent pas de la même façon, se mesurent de façon spécifique et selon des échelles distinctes. Les bruits aériens sont les bruits émis par les voix, les appareils domestiques, la radio, la télévision….leur traitement nécessite dans l’idéal d’intervenir sur les sols, les murs et les plafonds. Les bruits d’impact proviennent essentiellement du sol : bruit de pas, bruits d’objets qui tombent, meubles déplacés… La source du bruit se concentre au sol, mais elle impacte logiquement le plafond du niveau inférieur. Le traitement est simple dans le principe, mais la réalité s’avère souvent plus complexe.

Quantifier le bruit d’impact

La mesure des bruits d’impact s’effectue de façon normalisée, à l’aide d’un sonomètre, dans la pièce située au niveau inférieur où est reçu un bruit émis par une machine à chocs normalisée, et placée sur le sol du niveau supérieur. Cette machine comprend 5 marteaux de 500 g, qui tombent de 4 cm au rythme de 10 chocs par seconde. Elle permet de mesurer le niveau de pression pondéré du bruit de choc normalisé. Ce niveau s’exprime par l’indice : L’nT,w en décibels (dB). Le niveau de pression pondéré du bruit de choc normalisé permet de mesurer la différence de bruit reçu avant et après la pose d’une isolation. Plus le niveau est faible, meilleur est l’isolement du local aux bruits de chocs.

Il faut préciser que la transmission de ces bruits “profite” aussi de la présence de canalisations, de radiateurs, de poutres métalliques, et de la structure en général, pour se diffuser plus largement. En habitat, c’est néanmoins la transmission directe par le plancher qui reste en général la plus gênante, et qui est étudiée ici.

Traitement à la source

Idéalement, les bruits d’impact doivent être traités à la source, et souvent à l’aide de solutions simples. Ici, l’épaisseur d’isolant compte peu, c’est d’abord la nature du matériau retenu qui prime. Une simple moquette posée sur un parquet ou un carrelage suffit à résoudre le problème vis-à-vis du niveau inférieur. En cas de pose d’un sol dur : parquet, stratifié, carrelage, terre cuite… l’interposition d’une sous-couche acoustique aide à réduire de façon sensible la transmission des bruits d’impact. En habitat collectif, cette sous-couche acoustique est impérative, lorsque l’on remplace, par exemple, une moquette ou un revêtement plastique par un revêtement dur, le revêtement d’origine participant à l’isolation acoustique de la dalle béton ou autre.

Il s’agit d’une spécificité française, validée pour des raisons d’économie. Dans de nombreux pays, l’isolation acoustique entre niveaux est assurée par une chape flottante, et non par le revêtement de sol, susceptible d’évoluer dans le temps. La chape flottante, sèche ou coulée en place, est mise en œuvre sur un isolant, sans aucune liaison mécanique avec le gros œuvre. Cette technique diminue fortement la transmission des bruits d’impact, tout en assurant une réduction importante de la transmission des bruits aériens.

Traitement en sous-face

Lorsque le traitement à la source s’avère impossible, la mise en œuvre au niveau inférieur d’un faux plafond fixé sur des suspentes antivibratiles, et complété par un isolant fibreux de forte épaisseur, désolidarisé, permet de diminuer, au prix de travaux coûteux, la transmission des bruits d’impact. Réservée aux locaux disposant à l’origine d’une hauteur sous plafond importante, cette solution, très efficace pour réduire la transmission des bruits aériens, reste une méthode de dernier recours vis-à-vis des bruits d’impact.

Dans tous les cas de figure, la qualité et la précision de mise en œuvre sont prépondérantes. Les panneaux isolants doivent être parfaitement ajustés et durablement fixés. Enfin, les ponts phoniques : traversés de canalisations, de réseaux, prises au sol, liaisons solidiennes (avec la structure porteuse), sont autant d’éléments négatifs qui contribueront à dégrader le résultat final.

 

Gérard Guérit

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